28 juillet 2008
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Ainsi que l'écrivait fort justement ce petit malandrin de François Villon (oui, malandrin, n'ayons pas peur des mots, l'escogriffe me doit encore deux sols et il se terre dans les Dieux seuls savent quel trou)... Tant crie-l'on Noël qu'il vient. Et, par la barbe de Saint Théodule, me voilà bien obligée d'en convenir.
Au passage, cher lecteur, tu serais bien inspiré de lire cet excellent ouvrage, que je viens de clore et dont la lecture m'a positivement épastrouillée (si, épastrouillée, c'est français, et pis j'm'en fous d'abord, c'est mon blog, je dis ce que je veux, et si ça te plaît pas t'as qu'à te tailler le gambison en pointe, ça t'occupera).
A la lecture dudit incunable, l'on réalise qu'outre l'immense poète dont tout un chacun se souvient (mais si enfin, frères humains, tout ça ? Non ? Inculte.), le dénommé Villon était aussi probablement un bel enfoiré, mais un enfoiré assez flamboyant, et si l'on aime les récits d'aventures échevelées, l'on risque fort de kiffer sa race. Attention toutefois, certains passages sont assez durs (torture, violence, cannibalisme et j'en passe), je déconseillerai donc aux âmes sensibles et autres poitrinaires.
Ce long préambule, donc, pour vous annoncer ce qui suit : "tant crie-l'on Noël qu'il vient." On pourra l'interpréter comme le précédent avatar de "tout vient à point à qui sait attendre", mais ça, c'est du Sieur de la Fontaine, et pour moi, tout ce qui s'est passé après 1492, ça reste de la science-fiction, et la science-fiction j'ai toujours trouvé ça limite chiant. Personnellement, je préfère le comprendre comme "si l'on veut très fort quelque chose, on finit par l'obtenir". Eh ben moi, j'ai voulu très fort devenir saltimbanque, euh, intermittente du pestacle.
Eh ben voilà, c'est fait. J'en ai bavé des ronds de chapeaux, mais c'est fait. J'ai mon statut, et pour l'instant, j'arrive à le conserver. Je ne me destinais absolument pas à ça pourtant, j'ai fait comme tout le monde des études universitaires qui ne me passionnaient pas plus que ça (bon, j'en retire quand même le bénéfice de savoir tenir la même conversation dans la langue de Shakespeare et dans celle de Goethe, et de bafouiller trois-quatre trucs sur le temps qu'il fait dans celle de Tolstoï... c'est toujours ça !), agrémentée de petits boulots aussi variés qu'incongrus : cours particuliers, leçons de lecture à domicile pour une pitite handicapée, standardiste de radio... oui, j'ai même été une des voix qui vous répondaient "ReuTeuLeu bonjour ?" quand vous téléphoniez à Jean-Jacques Bourdin pour vous plaindre de la hausse du prix du gaz, non Georgette 78 ans d'Argenteuil ("non mais vraiment, y a trop d'immigrés en France, vous ne trouvez pas ?" "Gloups. Euh, non... on vous rappellera si votre témoignage est retenu Madame."), non Roger, 43 ans de Vincennes ("Ah, vous avez la solution pour résoudre la crise pétrolière mondiale ? Très intéressant, je vous écoute, Monsieur."), je ne vous ai pas oubliés. Une petite pensée émue d'ailleurs pour la gentille mamie qui nous appelait de temps en temps le lundi matin pour nous raconter le thé dansant du dimanche après-midi, et qui, quand on lui expliquait le plus diplomatiquement possible que ça n'avait pas vraiment de rapport avec l'actualité du jour et qu'elle n'avait que peu de chances d'intervenir à l'antenne, nous répondait "oh mais c'est pas grave, j'avais juste envie de bavarder un peu, vous êtes tellement gentilles à Luxembourg, on est toujours si bien reçu. Allez, bonne journée, hein, à lundi prochain !"
Bref.
Tout ça pour dire qu'un beau jour de l'an de grâce 2001, j'ai abandonné ma Maîtrise (politiques culturelles comparées d'une commune française et de sa jumelle allemande, wunderschön) pour travailler à temps plein à l'accueil d'un théâtre. Et là, révélation : ma place, c'est derrière le rideau. Le bureau de l'entrée la journée, c'est sympa, mais les coulisses le soir... c'est là qu'il faut que j'aille ! Seul problème : je n'ai aucune compétence technique. Qu'à cela ne tienne, j'ai trouvé une formation d'habilleuse. Je ne savais pas coudre un bouton, faire un ourlet relevait pour moi de la haute-couture, ben j'y suis allée quand même.
Tout le long de ma formation, et même après, toutes sortes de fâcheux n'ont eu de cesse de tenter de me décourager. "Mais malheureuse jouvencelle, le spectacle vivant c'est plus ce que c'était, c'est la crise, tu vas être au chômage tout le temps, t'arriveras jamais à faire tes heures, tu te rends pas compte, c'est précaire, c'est aléatoire, et comment tu feras pour avoir une vie de famille et blablabli et blablabla..." Toutes péroraisons grandement infondées qui s'apparentèrent pour moi à un pet de lapin le soir au fond des bois de Domrémy, autant vous dire que je n'ai pas tout bien ouï.
Et maintenant, ça y est, pour l'instant j'arrive à vivre de ma passion, j'en vis d'ailleurs plutôt bien cette année. Et je suis épanouie dans mon travail, ce que ne sont probablement pas moult receveurs des postes et autres agents du guet. Alors les fâcheux, allez donc vous faire voir chez les Ottomans, voire rôtir dessus-dessous sur le barbecue de Lucifer. Nom d'une ribaude à trois pattes.
Commentaires
quel merveilleux parcours!!! moi aussi j ai envie de vivre de ma passion, je ne crois pas au hasard, j ai perdu mon emploi cet hiver ( un de plus!!!) mais je ne suis pas inquiete car je sais que cette fois le temps est venu pour moi aussi de vivre de mes reves !!!! bravo à toi !!!
bises ma belle et que les dieux t apportent la réussite !!!
c est toi qui a fabriqué cette petite merveille!! je voue une veritable passion aux serre-taille!! dommage que cela coute si cher !!!c est pour moi le comble de la féminité !!! j ai dû en avoir de tres beau dans mes vies antérieures !!! ;0)
pouet
T'es chiée de faire un blog, tout de même. Et tu crois qu'il y a du monde qui va venir sur ton truc? :D
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