La Cour des Miracles

Les aventures d'une donzelle fantasque égarée au XXIème siècle.

19 janvier 2009

Au gui l'an neuf.

En ce début d'an de grâce, pour bien faire, je me devrais de perpétuer la tradition ancestrale de mes ancêtres barbaresques en faisant couler le sang pour exprimer ma liesse. Ah, le doux bruissement du membre nettement sectionné par un glaive affûté, ah, la gaie balancelle, de droite, de gauche, du manant pendu par les yeux depuis la Noël, ah, la subtile fragrance de la fesse de bouc rôtie sur un bûcher facétieux.

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Hélas, trois fois hélas, en ces tristes temps de grisaille ambiante, ces pittoresques coutumes n'ont plus cours, et je me vois à regret dans l'obligation d'entamer la nouvelle année de manière plus conventionnelle. Foin de sacrifice humain, au diable la lecture des augures dans les entrailles de poulet, faisons fi de la tradition puisque tout fout le camp. Nous voilà dans de beaux draps. Le monde s'abîme dans les conventions sociales les plus terre-à-terre, plus moyen d'aller courir le sanglier le jour du Seigneur, puisque les mécréants qui nous gouvernent ont décrété qu'il faudrait aller travailler aussi le dimanche. Pourtant, entre nous, depuis qu'Adhémar nous convie à courir le sanglier tous les dimanches, je suis tellement plus épanouie... Je me retrouve donc au pied du mur, là où l'on voit le mieux... le mur.

Je vais devoir prendre des résolutions.

Mais comment s'y pren-dreuh, quand on est en haut, euh, je veux dire fichtre, que voilà une coutume peu réjouissante, mais j'y sacrifie, et croyez bien, vous, mes trois lecteurs et demi, que c'est par amour pour vous que je le fais. En conséquence, je vous saurais gré de bien vouloir me dédier une prière à Sainte Rita, la patronne des causes perdues. Non, pas Laurence Parisot, lecteur, tu mélanges tout. Un jour on parlera boulot, tu veux ?

I. Je cesse séance tenante de boire et de me droguer.
Si toutefois je devais rechuter, je serais impitoyablement punie par le plus grand viking tatoué que l'on puisse trouver dans les Iles Lofoten, ooouuuh, làlà, je me sens toute faible d'un seul coup, quelqu'un pourrait me donner à boire ?

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II. En 2009, je ne commettrai le péché de chair que dans le but de procréer.
Si ça marche pas, c'est pas de ma faute, on sera obligé de recommencer, c'est vraiment trop bête.

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III. Plus question de médire de mes contemporains à tort et à travers
, c'est vrai quoi, nom d'un bliaud, ça commence à bien faire ! Je ne médirai plus que pour des raisons dûment argumentées et justifiées.

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IV. J'arrête de ronchonner pour tout et n'importe quoi. Dorénavant, je présenterai au monde un visage amène et engageant. Sauf quand la situation l'exigera. Las, la situation est bien souvent exigeante, la péronnelle.

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V. Je mènerai à bien tous les projets que j'aurai entamés.
Aux latrines la procrastination, mes frères et soeurs païens, sans pour autant négliger nos besoins naturels, manger, boire, dormir,glander sur le net, apprendre par coeur les oeuvres complètes de Georges Abitbol...

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VI. Cette année, je deviens enfin rationnelle et raisonnable.
Les plans sur la comète, ça suffit, les châteaux en Espagne aussi, d'ailleurs ça doit être fort malcommode d'habiter sur une comète, ceci dit je me demande si mon Bernardo saurait installer l'ADSL dans une hacienda...

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VII. En 2009, j'arrête de dire et d'écrire n'importe quoi, et aussi d'écouter et de lire le n'importe quoi des autres. Je me contenterai tout simplement de livrer le fruit d'une mûre réflexion au reste du monde,e t de me documenter sur les réflexions de mes homologues.

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Résultat des courses de chars à boeufs, en 2009 je resterai la même.

Mais en pire.

Le monde va en baver des ronds de hennin.

Bonne année à tous les damoiseaux et à toutes les jouvencelles de bonne volonté, quant aux autres, que le cul leur pèle, qu'il y pousse un glaïeul, et qu'ils ne tombent jamais sur ce blog.

Ou alors de très haut.

Qu'ils se fassent très mal.

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10 décembre 2008

Proverbe du 10 décembre.

"Chat au caca mou, chat au bord du trou."


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Inspiré par la dernière visite chez ma vétérinaire. Je lui ai amené un de mes petits félins chéris pour cause de vomissements répétés, et la drôlesse m'a servi le babillage que voici :

- Vous avez remarqué quelque chose de différent de d'habitude dans ses selles ?
- Ben euh, c'est-à-dire que comme elles utilisent toutes les deux la même litière, c'est pas évident de savoir qui a fait quoi...
- Bon, y a des cacas mous ?
(j'éclate de rire, elle reste impassible)
- Euh, hem, oui, en effet, il y a des cacas mous.
- Ah ben ça, c'est un signe, un chat qui fait des cacas mous, c'est un chat qui ne va pas bien ! Moi les miens, quand je change la litière, je sais qu'ils vont bien quand il n'y a que des cacas durs !

Et de prendre la température de mon chat avant de me brandir sous le nez le thermomètre souillé d'un air triomphant.

- Ah, vous voyez ?

Ce soir, lorsque je glisserai dans les bras de Morphée, je serai moins nigaude. Pour ne pas dire que je me coucherai moins bête. Du coup, je l'ai invitée à venir faire un tour dans la savane à tarif réduit. J'aimerais bien qu'elle vienne voir le bébé éléphant à l'entracte pour lui demander s'il fait des cacas mous.

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02 décembre 2008

Compagnonnage blogosphérique.

Certains matins où l'inspiration me fuit honteusement, j'aime à baguenauder sur les vastes territoires de Canalbloug afin de me divertir des péripéties de mes congénères. En vagabondant de-ci de-là, l'on trouve de tout, de rien, et surtout de n'importe quoi. Pour y voir clair, trier l'on doit.

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A l'instar de tout temps et de tout lieu, la blogosphère obéit à des lois d'airain, telles que celle qui impose manifestement à moult adolescentes prépubères et autres détracteurs de Cupidon de se lamenter en long en large et en travers sur leurs déboires amoureux. Tout comme nous autres, les vénérables sages chenus nés avant les années 90, confiions nos émois à un grimoire clos par une serrure en acier trempé impossible à détruire (sauf agiles menottes de petite soeur curieuse, lesquelles ont suscité bien des drames dans les chaumières), et de préférence orné de chatons ou d'un destrier s'ébrouant gaiement devant un magnifique coucher de soleil, ces damoiselles pleurent leur amour perdu à la face du monde. Grand bien leur fasse, même si je doute que cela les avance beaucoup.

Seconde loi d'airain, si l'on est un gentilhomme, l'on donnera volontiers dans l'humour de corps de garde, en alternant blagues vaseuses et images de donzelles artistement dénudées (en clair, des gourgandines qui se vautrent le 95 E dans le sable, avec une annotation fine et pertinente du niveau "pour le plaisir des yeux", car le blogueur mâle a semble-t-il quelques tracas pour passer des yeux au reste. Peut-être est-ce là la raison pour laquelle il est si féru de tendrons se terminant par .jpeg).

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Soyons honnêtes, certaines blogueuses égalent haut la main lesdits gentilhommes, telle que celle dont j'ai récemment lu les aventures, et qui s'étonnait que des jeunes gens détournent le regard en rougissant lorsqu'elle s'assied en face d'eux, cuisses écartées sous une minijupe sous laquelle elle ne porte rien. Commentaire navrant de la dame du genre "ah là là, je comprendrai jamais les hommes, quand on vient pas vous chercher ça va pas pis quand on vient vous faites les chochottes", auquel je n'aurai qu'une seule objection : je n'ai rien contre les mâles de l'espèce, bien au contraire, leur compagnie m'est fort roborative. Mas lorsque l'entrée en matière consiste à m'exhiber par surprise leurs attributs, étonnamment ça a tendance à me glacer un peu. Peut-être qu'il en est de même pour les damoiseaux normalement constitués ? Qui sait, la vie est si mystérieuse.

Toutefois, la blogueuse femelle est beaucoup plus représentée, et dans cette catégorie, fleurissent toutes sortes de clones, composés de "looks du jour", "photos de ma frange" et autres "hmmm, du thé avec des macarons de chez Ladurée, partagés avec ma keupine, c'est trop bon". Narcissisme, quand tu nous tiens, tu nous fais croire que le monde s'intéresse à ce qu'on se fout sur le poil le matin avant d'aller travailler, le samedi pour faire le marché, le dimanche pour aller s'esbaudir chez Ladurée avec une keupine ou larver sur le canapé avec Chérichou (lequel s'enfuirait sans doute à toutes jambes s'il apprenait qu'il est affublé d'un sobriquet inepte par la moitié de la France. Heureusement qu'il ne lit pas le blog de sa mouffette d'amour)... hélas, trois fois hélas, mesdemoiselles, sachez que personnellement, peu me chaut. Et comme de surcroît, vous êtes toutes coiffées et vêtues pareil, vous croiserais-je au détour d'une venelle que je ne vous reconnaîtrais même pas.

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Ciel ! Moi aussi j'ai un blog de fille, ça y est. Que le cul me pèle, et qu'il y pousse un nénuphar.

Ceci étant dégoisé, une catégorie de blogueurs m'attriste fortement et surtout m'inquiète : les heureux parents qui exhibent à qui veut les voir, et par conséquent à n'importe qui, voire à de bien tristes sires, l'effigie de leur progéniture. Certaines photos d'enfants sont très belles, et pour peu que l'on soit porté sur la maternité, les bébés des uns et des autres, et les mêmes enfants un peu plus grands peuvent être source d'émerveillement. Il m'est arrivé de visiter plusieurs fois de suite des blogs au demeurant tout à fait charmants, et parfois drôles, pour prendre des nouvelles des mouflets de l'une ou de l'autre, dont l'attendrissant minois m'avait fait craquer. Mais il semblerait que ces dames (et ces messieurs, même s'il y en a moins) n'aient pas conscience que le grand méchant loup est partout, et que sur le net, on ne le voit pas venir. Offrir en pâture des images innocentes aux ogres mangeurs d'enfants qui s'en donnent à coeur joie sur des sites répréhensibles, c'est plus qu'imprudent, c'est de l'inconscience. Quant aux messieurs amateurs de chair fraîche qui arriveraient en ces lieux bien malgré moi grâce à une recherche Google, sachez que vous pouvez toujours vous brosser pour que je vous montre mes enfants à venir. Et surtout, que si je venais à croiser ne serait-ce qu'un seul d'entre vous, il a intérêt à savoir courir vite. Et loin. Car mes ciseaux sont tranchants et ma colère acérée.

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Cependant, au milieu de ce grand bazar du niais, du sans intérêt, du pire et du n'importe quoi (subtile référence à un incunable qui fit notre joie, à ma petite soeur et à moi-même, lors de certaines après-midis d'été, commis par l'ineffable Philippe Vandel (on a tous des enfants à problèmes, et je crois qu'il faut en parler (et hop, seconde allusion subtile, mais jusqu'où osera-t-elle s'arrêter ?), la semaine prochaine je recevrai M. et Mme Vandel, les parents du petit Philippe, si vous croyez qu'il faut pas du courage), surtout si vous en avez assez des parenthèses n'hésitez pas à le mentionner dans les commentaires)... surnagent tels de délicats nénuphars à la surface d'une mare boueuse quelques individus que ce serait péché de ne pas vous présenter.

Eve, la maman rock'n'roll. Je visite son blog quotidiennement, et quotidiennement je m'esbaudis. Un blog de donzelle comme il y en a peu, qui traite en vrac des joies de la levrette, des déboires des mères célibataires, de concerts punk, de sextoys et de vomi de bébé, le tout sur un ton corrosif et sur fond de ritournelles appropriées, si vous n'êtes ni âme sensible ni poitrinaire je vous conseille vivement d'aller y faire un tour.

http://everocknroll.canalblog.com/

Charly le Prof. Mon favori ex-aequo. Charly est prof de techno dans un collège comme il y en a des dizaines, avec une hiérarchie parfois fatigante, des collègues plaisantins ou insupportablement atrabilaires, des élèves pittoresques ou attendrissants, et il nous en parle avec un humour et un talent littéraire impressionnants. Je vous recommande en particulier les aventures des 6ème 4 et des élèves Bourzig et Trapugne, elles valent leur pesant de copies doubles.

http://charlyleprof.canalblog.com/

Folles Requêtes, une idée originale et des résultats extravagants ou désolants, c'est selon. Le principe est simple, vous avez un blog, des utilisateurs arrivent dessus en faisant une recherche tordue, rigolote ou sans aucun rappport avec la choucroute, vous relatez l'épisode à la tenancière de Folles Requêtes. Et elle le publie. Ca donne des phrases du genre : "sophie davant est une gourde, une requête qui a amené un grand observateur chez la Petite Vie de Steph."

Moult liens pour le prix d'un, aujourd'hui on brade, et ça se passe ici :

http://follesrequetes.canalblog.com/

Je clos ce chapitre en vous recommandant chaudement d'aller vous divertir chez ces trois concitoyens de Canalblog, tout ce que vous risquez c'est une bonne crise d'hilarité. Puissent les Dieux vous garder, et votre bouillabaisse rester chaude, sauf pour ceux et celles qui la préféreraient froide.

Tas de pervers.

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03 novembre 2008

Mains d'Argent et yeux de panda.

Tout un chacun sait à présent que sous mes dehors sages et innocents, je ne suis qu'une vile païenne toujours prête à courir dans la forêt les nuits de plein lune et à confectionner divers brouets de passiflore et de millepertuis. En ma qualité d'enfant de la nuit, et résidant dans la périphérie de Lutèce, il était impensable que je ne me rende pas au Théâtre du Châtelet pour y voir ce que pouvait bien donner une adaptation dansée du classique burtonien Edward aux Mains d'Argent. Avec mon bon compagnon Agarwaën, dont je vous dresserai fort certainement le portrait un jour ou l'autre, nous avons donc bravé le froid, les ténèbres et les nombreuses embûches du métro parisien pour honorer de notre charismatique présence la dernière représentation du spectacle susnommé.

(comment ça, tout le monde s'en foutait qu'on soit là ou pas ? Hérésie. Qu'on les pende par les yeux.)

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La moindre place se négociant approximativement au prix d'un lingot d'or ou d'un rein en bonne santé, et un dimanche soir de novembre, il eût été envisageable que la salle ne fût qu'à moitié pleine. Et quelle ne fut pas ma surprise de m'apercevoir que des centaines de braves gens se pressaient aux portes du théâtre, des familles, des couples, des petits, des moyens, des grands, et toute une tripotée d'échappés de Halloweentown arborant fièrement des chausses rayées et des cheveux multicolores, autant vous dire que le public était fort bigarré.

De plus en plus curieux, nous avons trépigné sur nos sièges jusqu'à ce que les lumières s'éteignent et que le rideau se lève, et un mystérieux sortilège s'est abattu sur nous sans crier gare. Il me serait difficile, voire impossible de traduire en mots l'étendue de l'émotion provoquée par ces visions enchanteresses, c'est pourquoi, une fois n'est pas coutume, je préfère vous livrer une critique trouvée au hasard de mes périgrinations ouèbesques, dont l'auteur semble avoir vécu la chose de la même façon.

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ransformer un phénomène terrifiant en objet de féerie, d'invention et même de sensualité reste la réussite (...) d'Edward aux mains d'argent, film de Tim Burton (1991) adapté pour la scène par le chorégraphe britannique Matthew Bourne. A l'affiche du Théâtre du Châtelet, à Paris, jusqu'au 2 novembre, l'histoire de ce jeune homme "mal fini" par son créateur, avec ses mains-ciseaux énormes qui lui coupent le visage, mais sculptent aussi des arbustes en un tour de lame, est un régal d'émotions contradictoires.

Matthew Bourne, l'homme du fameux Swan Lake (Le Monde du 21 novembre 2005), uniquement dansé par des hommes-cygnes, en rêvait. Tim Burton, le compositeur Danny Elfman et la scénariste Caroline Thompson ont donné leur accord à son adaptation et ont même accepté que Bourne ajoute une scène. Six ans après les premières négociations, Edward aux mains d'argent a été créé à Londres en 2005. Le spectacle est maintenant de passage à Paris, avec Matthew Malthouse qui s'impose dans le rôle d'Edward jusqu'à faire presque oublier Johnny Depp, si éblouissant à l'écran, en gentil Frankenstein paumé dans une banlieue américaine.

Que reste-t-il donc sur scène de ce conte d'horreur gothique transplanté dans un quartier résidentiel peuplé de gens prêts à tout pour ne pas s'ennuyer ? L'essentiel, à condition de ne pas chipoter sur les dialogues des commères du coin, les détails visuels piquants. Moins sociologique dans sa critique de la banlieue que Burton, qui en fait un de ses motifs, le propos de Bourne se concentre sur la différence terrible d'Edward, sa souffrance, son statut de phénomène de foire avant sa chute.

Découpée en séquences fortes, sans aucun texte, la version de Bourne s'appuie d'abord sur la musique du film signée Danny Elfman. Singulièrement cinématographique dans ses décors stylisés, ses tableaux rapides montés cut, elle invente un nouveau genre de spectacle musical aussi parlant qu'un film muet.

Ce paradoxe tient le coup grâce aux partis pris chorégraphiques de Matthew Bourne. Pas de grande danse néoclassique ou contemporaine, mais beaucoup de pantomime. Ciselée, elle fait passer le sens de l'action avec une efficacité visuelle et rythmique de dessin animé. Caricaturaux, les personnages de la périphérie américaine sont croqués si franchement, si joyeusement aussi, qu'ils nous font craquer.

Fan de Fred Astaire et de Ginger Rogers depuis l'enfance, Bourne signe aussi des numéros jazzy très swing, des scènes de bal et de fiesta rock aux jambes délurées. La précision des danseurs-acteurs, très expressifs, emballe l'affaire avec un abattage jubilatoire et ce brin de distance théâtrale dont personne n'est dupe.

Le talent de Bourne ne réside pas dans son style, mais dans sa façon unique de coller à son sujet pour en traduire l'essence au plus juste. Lorsque Edward se mêle de danser avec ses grosses mains coupantes, il le fait pour de bon, avec coups de hanche, ronds de bras et sauts de biche, jusqu'à faire oublier son "handicap".

Si Edward "ne peut pas toucher l'autre" au sens propre, le personnage bouleverse par sa capacité à renverser la vapeur. Devenu sculpteur topiaire (ah ! quelle merveille qu'une coupe de buisson en direct), coiffeur pour chiens et pour ces dames, brochettes pour barbecue, il semble incarner la notion de résilience, cette capacité à surmonter un traumatisme, avec une magie qui serre le coeur et déclenche le rire.

Entre l'horreur, la peur et l'émerveillement, la singularité de Tim Burton réside dans une alchimie rare de cruauté et de bienveillance, de désespoir et d'optimisme.

Sauf que, pour Edward, la lâcheté méchante des hommes finit par l'emporter. Trois ans après son passage à Paris avec Swan Lake, présenté au Théâtre Mogador pour le dixième anniversaire de sa création (il était temps !), Matthew Bourne accomplit un nouveau tour de force.

Dommage qu'on ne voie pas plus souvent ce chorégraphe dont l'intelligence émotionnelle fourbit des spectacles si frissonnants"

(article paru dans Le Monde du 12 octobre 2008)

Tout ceci résumant admirablement mon ressenti, je me contenterai de vous laisser admirer quelques images extraites du spectacle.

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Dans cette scène, Edward, dos au public, sculpte un buisson tout rond pour en faire une étoile, et on voit voler des feuilles dans tous les sens jusqu'à ce qu'il se retourne fièrement pour faire admirer son oeuvre. Et ce que la saltimbanque en moi aimerait savoir, c'est comment ce petit décor est foutu pour qu'on puisse avoir à ce point l'illusion qu'il taille un arbuste sous nos yeux ébahis.

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Poursuivi par tout le quartier qui a profité de sa gentillesse avant de le rejeter comme un monstre, Edward retrouve sa douce dans un décor de cimetière sombre à souhait, éclairé par la pleine lune et les yeux rougeoyants des créatures qu'il a sculptées dans les arbres, le tout sur sa propre tombe, et je n'ai pas pu retenir une larme (plusieurs, même) devant ce pas de deux passionné et hanté par la fatalité d'une séparation imminente, d'où les yeux de panda dont j'étais affublée en sortant de la salle. Car pour être amoureuse de la nature, on n'en est pas moins coquette, mais le mascara bio, c'est tout sauf waterproof.

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Et tout à la fin du spectacle, au moment des saluts, les personnages se présentent par familles, on voit arriver les grenouilles de bénitier, les beaufs, la voisine un peu nymphomane avec son mari falot et moustachu, tout le monde... sauf Edward. Noir, la lumière revient, et Edward entre sous les applaudissements, l'air hagard, totalement perdu, en regardant les spectateurs comme s'il se demandait, affolé, ce que nous attendons encore de lui après tout ce qu'il a enduré. Soudain, il sourit, lève les bras, se met à agiter frénétiquement les mains monstrueuses qui ont fait sa gloire et précipité sa chute, on entend le bruit des ciseaux et des canons disposés dans la salle envoient de minuscules confettis semblables à des cristaux de neige.

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Jusqu'au finale, Matthew Malthouse incarne brillamment Edward, au point de presque faire oublier l'interprétation de Johnny Depp, et on finit par être inclus soi-même à cet univers féérique, conquis par la fragilité de cette créature perdue, dangereuse malgré elle et chassée par les banlieusards étriqués qui l'encensaient encore la veille.

En sortant du théâtre, tout à mon émotion, je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre une réflexion inepte de la part d'un godelureau qui descendait l'escalier. S'adressant probablement à un des tristes sires qui lui servent d'amis, le cuistre pérorait en ces termes, que je livre à votre appréciation : "Ouais m'enfin Burton, c'est un type, il est un peu tordu, hein." Sache, mon petit ami, qu'il m'a été très difficile de ne pas me retourner pour te faire ingérer de force le programme du spectacle. Car Burton n'est pas tordu, ô que non. Burton est un génie, Burton est un maître, Burton est un virtuose. Et tu seras escouillé au couteau à huîtres si jamais je viens à te recroiser au détour d'une venelle.

Non mais ho.

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15 octobre 2008

L'homme à la capuche.

Le ciel est plombé, il fait froid et humide, les feuilles roussissent et les rares pèlerins qui s'aventurent encore dehors sont emmitouflés dans diverses pelisses et gonelles (non, la gonelle n'est pas une maladie sexuellement transmissible, bande de petits dépravés)... bientôt Halloween et son cortège de caries, et voici enfin venu le moment, non pas des rires et des chants (ou alors de rires moqueurs et de chants funèbres), mais de vous entretenir d'un être auquel un précédent billet avait fait allusion : l'homme à la capuche.

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Du temps où mes petits compagnons de ReuTeuLeu et moi-même répondions aux appels de divers psychopathes, il arrivait certains matins que mon alter ego chevelu se rende en quête de café ou de viennoiseries habilement subtilisées au nez et à la barbe de l'invité(e) politique du jour (les invités de gauche avaient tendance à nous convier par principe à partager leur petit déjeûner, on ne pouvait malheureusement pas en dire autant des invités de droite, de là à en tirer une quelconque conclusion politique, il n'y a qu'un pas, dont je te laisse le soin, cher lecteur, sachant comme tu le sais sans doute de quel côté penche mon coeur odieusement subjectif)... autant dire que quand il en proftait pour aller faire sa cour à une quelconque donzelle de l'étage au-dessus, je m'ennuyais ferme.

Mais tout a changé un beau jour du mois de novembre. Je fixais d'un oeil torve mes cinq postes téléphoniques qui ne daignaient décidément pas sonner et marmonnais pour moi-même des phrases hautement culturelles telles que "vous êtes sûre que c'est bien raccroché, Thérèse ?" lorsque soudain, j'ai entendu un "bonjour" sorti de nulle part. Prête à tout pour me distraire ne serait-ce que l'espace de quinze secondes, j'ai lancé un regard plein d'espoir vers le couloir de la rédaction, et là, je l'ai vu. Grand, blond, tout de vert vêtu, le Robin des Bois de la radio venait de faire son entrée dans le paysage. Gloups, me dis-je avec mon éloquence coutumière, et l'éphèbe de passer son chemin pour aller prendre son service dans Dieu sait quel bureau. Le reste de la matinée est passé dans la sorte de brume scintillante dont seules les donzelles légèrement niaises ont le secret, et mon elfe du couloir n'est pas réapparu.

Le lendemain matin, à peu près au même moment et dans les mêmes circonstances, le même personnage remonte le couloir (bien entendu en bonne donzelle je fais semblant de rien) et me réitère ses hommages matinaux, auxquels je réponds par un sourire engageant. Le bougre ne prend pas pour autant la peine de s'arrêter, mais je ne lui en tiens pas rigueur, après tout on a tous du boulot à abattre, nom de d'là, les téléphones sonnent à qui mieux mieux et on n'est pas là (que) pour conter fleurette à des inconnus, fussent-ils grands, blonds et manifestement bien disposés. Et ainsi de suite pendant une semaine. La semaine suivante, c'était le tour d'Agnaëlle de m'accompagner dans la lourde tâche d'écouter les doléances de Roger de Vincennes, mais la jouvencelle était bien plus fine mouche que le troubadour qu'elle remplaçait. "Dis donc ma grande" me demande-t-elle d'un air enjoué, à peine le mystérieux damoiseau évanoui dans les couloirs de la rédaction "j'ai rêvé ou il t'a grave fait de l'oeil ?" Point n'a été besoin de lui répondre, mon sourire extatique lui a amplement suffi. Et comme Agnaëlle, c'est quand même une chouette copine comme on n'en fait pas beaucoup, elle a sollicité sur-le-champ l'aide d'Hétéroman, qui, avec les relations mondaines qu'on lui connaît, a réussi en une demi-journée à savoir le nom et le poste exact du monsieur.

Et c'est là que ça se gâte.

Parce que j'ai beau avoir le verbe haut et la vanne acérée, quand il s'agit d'aborder un parfait inconnu sur un mode tout à fait détaché alors que je suis au bord de l'apoplexie dès que j'entends la porte du studio s'ouvrir, j'ai tendance à me dégonfler comme un vieux caparaçon. Et ça a duré trois mois. Trois mois au cours desquels nous nous sommes dévorés des yeux tous les matins, trois mois au cours desquels mes petits compagnons m'exhortaient à aller lui parler, trois mois au cours desquels Agnaëlle a déployé une ingéniosité sans limite en terme de stratagèmes potentiels pour enfin entrer en contact avec ce doux personnage, trois mois au cours desquels je me suis même un jour retrouvée tout à fait fortuitement seule dans le même studio d'enregistrement que lui et où mon larynx a juste été capable de bredouiller un vague "bonjour" avant de capituler traîtreusement. Autant dire que c'était pas gagné.

Mais c'était compter sans mon orgueil, parce que merde à la fin, j'ai aussi ma fierté. Nom d'un petit pourpoint. Le dernier jour de mon contrat, j'étais fermement décidée à aller enfin au bout du couloir en sa compagnie et à faire ce premier pas qu'après tout, nous aussi donzelles avons le droit de faire en l'an de grâce deux mille quelque chose... et là, c'est le drame, il n'est jamais venu. Le polisson était en reportage à l'extérieur.

"A Dieu ne plaise", dis-je à Agnaëlle, "demain j'appelle au standard général, je demande qu'on me le passe et je lui propose qu'on aille prendre un café tous les deux". "Mais ça fait trois mois que t'oses pas lui parler", m'objecte-t-elle, "tu vas oser faire ça ?" "Ben oui. Parce que maintenant que je t'en ai parlé, j'ai plus trop le choix si je ne veux pas passer pour une pleutre, une couarde et une grosse cruche."

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Et je l'ai fait. Malade d'appréhension, j'ai décroché ce foutu téléphone pour demander à la standardiste du standard général si elle pouvait me passer Machin Untel, au poste numéro vingt-douze, et fort heureusement elle a été d'une extrême diligence et me l'a passé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, sinon j'aurais certainement raccroché de peur de bégayer lamentablement.

Machin Untel a été ravi de m'entendre. Il m'a invitée à déjeûner le lendemain, et là j'ai eu le bonheur immense d'avoir mon heure de gloire. Je suis entrée dans le bâtiment telle une princesse, en annonçant fièrement à la préposée que j'avais rendez-vous avec Machin Untel, si elle avait la gentillesse de m'annoncer. En attendant que le sieur Machin Untel sorte de son bureau, je suis allée saluer mes anciens collègues, et leur regard médusé m'est allé droit au coeur lorsque  Machin Untel a surgi du fond du couloir, m'a embrassée sur les deux joues et que nous sommes repartis bras dessus-bras dessous. Un grand merci à ma grande gueule et à mon orgueil naturel, car sans eux, jamais je n'aurais mieux connu Machin Untel. Lequel s'est avéré n'être finalement pas quelqu'un de très intéressant, ni de particulièrement ouvert. J'ai pris la décision de me raviser à son sujet lorsqu'il s'est mis à tenir des propos relativement douteux au sujet des Sarrazins et autres Mauresques, et j'ai rapidement oublié Machin Untel, joignable au poste vingt-douze. Peut-être  Machin Untel est-il un amant exceptionnel doublé d'un fin cordon-bleu, mais moi, les types qui considèrent que les Sarrazins sont tous au mieux des fauteurs de troubles, au pire des bandits de grand chemin, ils peuvent passer leur chemin, capuche verte ou pas capuche verte.

Adieu, Machin Untel. Porte-toi bien, puisses-tu un jour tomber fou amoureux d'une Malika qui t'ouvrira les yeux. Finalement je préfère que tu restes loin de moi.

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13 octobre 2008

Sauvetage écclésiastique.

Du temps où je n'étais pas encore une saltimbanque de luxe, mais une véritable aventurière, une déglingo du théâtre culturel, j'ai eu le plaisir, l'honneur et l'avantage de remplacer une mienne amie au pied levé sur une tournée riche en aventures et en émotions. Jugez plutôt : une dizaine de comédiens, dont une majorité de handicapés physiques, un spectacle lourd et compliqué, des lieux totalement inconnus, une habilleuse différente dans chaque salle, le défi, pour ainsi dire. Ma copine m'appelle et m'annonce tout de go :

"Ecoute cocotte, je suis enceinte de 6 mois, mon rebouteux spécialisé me dit que c'est soit continuer la tournée, soit garder mon bébé, t'es libre en ce moment ?"

"Mais tout naturellement", lui réponds-je, tout en pensant en mon for intérieur "Gloups. Ca va pas la tête, j'y arriverai jamais."

Mais le théâtre, c'est comme la vie, quand c'est parti c'est fini (une bouteille de décoction de salsepareille à celui ou celle qui dénichera l'origine de cette maxime... et une botte de salsepareille, parce que je suis assez occupée, je vais pas non plus me taper tout le boulot)... par conséquent j'ai vaillamment empoigné mon balluchon et mon nécessaire de couture, et j'ai suivi le mouvement.

Et là, autant vous dire, à vous, mes trois lecteurs et demi, qu'on a été comme qui dirait des oufs, des guedins, que le Capitaine Fracasse et Gérard Saint-Brice à côté c'est des butors et des galopins.

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Nous nous sommes rendus dans des cités lointaines et exotiques, telles que Limoges, Reims et Gradignan, nous avons loupé des trains, dévalisé des restaurants, dormi dans des auberges mal famées et envahies de chats, et nous n'avons du notre survie qu'à notre courage et notre intrépidité. Je me souviendrai toujours de l'air effaré de la serveuse devant les comédiennes sourdes préparant en langue des signes une bonne blague à faire à la comédienne aveugle, laquelle était assise juste en face d'elles. Et je ne vous parle même pas de la comédienne sourde (mais pas muette, loin de là), bras dessus-bras dessous avec un comédien aveugle, secouant les puces d'un agent revêche de la SNCF en ces termes bien sentis :

"Bon alors écoutez, moi j'entends rien et lui il voit rien, alors va falloir être plus clair, merde !"

Et l'on sait qu'on est une vrai saltimbanque des grands chemins quand on trouve tout naturel d'abuser d'un bon vieux breuvage alcoolisé à minuit et demi en semaine, dans un estaminet désert, flanquée uniquement de trois techniciens au menton râpeux et d'un nain qui fume le cigare.

Or donc, au cours de ces périples échevelés, j'ai enfin trouvé une utilité, certes inattendue, mais pour le moins vitale, à ma formation universitaire. Pour les inconséquents qui n'auraient pas suivi toutes les calembredaines que je débite à longueur de parchemin, je rappelle qu'avant de devenir ravaudeuse de bas résille en tous genres, j'ai eu l'idée folle, non pas d'inventer l'école (ça c'est un coup de ce petit sacripant de Charlemagne, on le retient, le gredin), mais de faire une Licence d'Allemand. Eh bien figurez-vous, mes chers petits incrédules, que grâce à la langue de Goethe et de Nina Hagen, j'ai peut-être bien sauvé la vie d'un prêtre catholique. Eh oui. Sachant que je suis une vile païenne, une mécréante plus hérétique que moi tu cours à poil dans la forêt les nuits de pleine lune en décapitant des colombes avec les dents, la péripétie ne manque pas de sel. Et pourtant.

Un beau matin, alors que je finissais mon café en devisant allègrement avec un délicieux assistant plateau, assise au comptoir du bar d'un petit hôtel de Chartres, en attendant l'heure de rassembler nos troupes et de repartir gaillardement pour de nouvelles aventures, j'avise une scène pour le moins étrange à la réception. Un monsieur d'un certain âge, manifestement étranger, tente désespérément d'expliquer quelque chose à la réceptionniste, l'air très inquiet. Laquelle réceptionniste, malgré toute sa bonne volonté, ne semble entraver que pouïc. Elle essaie le français, l'anglais, mais il semblerait que le monsieur à l'air inquiet ne parle ni l'un ni l'autre, et la situation s'enlise quelque peu. N'écoutant que mon courage (et ma curiosité naturelle), je m'approche de ces deux intéressants personnages et je m'aperçois que le sexagénaire chenu (sexagénaire, hahaha, je sens que je vais encore attirer du pervers grâce aux mots-clés de Gougueule) parle le teutonique. Quelle coïncidence, me dis-je, voilà peut-être l'occasion de me rendre utile. J'engage donc la conversation, et le digne gentilhomme me contemple comme s'il avait vu le Messie. C'était le cas de le dire, mais je ne le savais pas encore.

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Il s'est avéré que ce qu'il essayait tant bien que mal d'expliquer à la madame, c'est qu'il voyageait avec un ami, et que ledit ami avait apparemment eu un malaise dans sa chambre fermé à clef, étant donné qu'il avait entendu l'eau de la douche couler, un bruit de chute, puis plus rien, et que son compagnon ne pipait mot lorsqu'il tambourinait à l'huis pour s'assurer que tout allait bien. La réceptionniste, forte de ces informations nouvelles, a immédiatement décroché son téléphone pour appeler les secours, qui sont arrivés dare-dare. Et c'est au cours de la conversation avec les agents du guet, lesquels ne parlaient pas allemand non plus et m'avaient donc immédiatement embauchée comme interprète, que j'ai appris qu'il s'agissait de deux curés en goguette, partis visiter les plus belles cathédrales de notre beau pays. En effet, à la question "vous savez s'il a de la famille qu'on devrait prévenir, des enfants peut-être ?", le monsieur affolé a souri d'un air un peu triste et m'a répondu "seulement sa soeur, vous savez, nous sommes des prêtres catholiques".

Pour se remettre de sa frayeur et passer le temps pendant que le SAMU s'occupait de son pote, mon nouvel ami curé m'a demandé qui nous étions, et je lui ai un peu changé les idées en le faisant rire avec le récit de quelques aventures de derrière les fagots (en parlant d'hérésie...). Ca a eu l'air de le calmer un peu, et lorsque j'ai inclus mon petit collègue assistant plateau à la conversation, même si lui non plus ne parlait pas un mot d'allemand, sa douceur naturelle a fait le reste et mon papy affolé s'est vraiment rasséréné.

Je n'ai jamais connu le fin mot de cette mésaventure, car nous avons du quitter l'hôtel pour éviter de louper le train, et étant donné que quelques-uns d'entre nous avaient des difficultés pour se déplacer, nous ne devions pas perdre trop de temps. Mais quand je lui ai dit au revoir, ce vieux monsieur dégarni et bedonnant m'a sauté au cou et m'a planté un gros bisou de grand-père sur la joue en me souhaitant bonne chance pour tout. On aurait dit un petit garçon sauvé de la noyade. J'espère qu'il n'a pas développé d'allergie par la suite pour avoir approché de trop près une créature qui brûlera certainement dans les feux de l'Enfer. J'espère surtout que son copain s'en est sorti sans trop de casse. Parce que ce serait vraiment triste, sinon.

Et j'espère que vous me croyez. Parce que tout ce que j'écris ici est véridique. Oscar Wilde a écrit quelque chose dans le genre "la vraie vie est souvent celle qu'on ne vit pas", et même si c'est pas facile tous les jours, moi j'essaie de la vivre. Et des fois, même, j'y arrive.

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18 septembre 2008

Inepties, part two, le retour du comeback du fils de la vengeance.

Lors de mon dernier passage en ces lieux, je vous entretenais gaillardement de l'inanité effarante d'une liste intitulée "96 bonnes raisons d'être une femme". Or, en ces temps de parité galopante et d'égalité entre damoiseaux et jouvencelles, je ne puis résister au plaisir de vous livrer le pendant masculin d'ycelle, "69 bonnes raisons d'être un homme". Naturellement, une fois de plus vous aurez droit à mes réflexions, et que les sacripants et les gourgandines à qui elles n'auraient pas l'heur de plaire passent leur chemin, y a rien à voir.

Je précise à toutes fins utiles que la liste qui va suivre provient du même blog que la précédente, dont je tais une fois de plus l'adresse par charité païenne (ben quoi, y a pas que les chrétiens qu'ont le droit d'être sympa, bordil).

Or donc.

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69 bonnes raisons d'être un homme.

1. Vous pouvez manger une banane sans que personne n'ait d'arrière- pensée. Toi, Madame, tu travailles pas avec des gays.

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2. Vos conversations téléphoniques sont finies en 30 secondes. Ca vous laisse 23 heures, 59 minutes et 30 secondes par jour pour rester scotchés à un écran.
3. Le monde est votre urinoir.
Bande de dégoulasses.
4. Si quelque chose de mécanique ne marche pas, vous pouvez le fracasser avec un marteau et le balancer à travers la pièce.
Les femmes aussi peuvent le faire.
5. Personne ne se demande si vous sucez.
A part des messieurs qui aiment les messieurs, ah bon, y en a ? Oui-oui, ça existe. Fou, non ?
6. L'idée de shooter dans un petit chien vous amuse.
Ben… moi aussi ça m’amuse plutôt.
7. Vous connaissez au moins 20 façons d'ouvrir une bière.
Alors là… pas mieux.
8. C'est toujours des filles qui sont nues dans les films.
T’as jamais vu de film avec Mel Gibson, Madame ? 
9. Vous pouvez faire le concours de celui qui pisse le plus loin. Quelle chance.
10. Les gens ne s'arrêtent pas de raconter une bonne blague dégueulasse quand vous passez devant eux.
Quand je passe non plus… serais-je un homme ?
11. Une semaine de vacances ne nécessite qu'une valise.
Pareil. Mais une grosse.
12. Vous pouvez porter un t- shirt blanc dans un parc aquatique.
De toute façon, qui fréquente ces lieux de perdition ?
13. Le foot à la télé.
Le rugby, le catch ? Non ?
14. Vous pouvez enlever votre t-shirt quand il fait trop chaud.
Ah pardon, techniquement les femmes aussi !
15. Vous n'avez pas à gérer la vie sexuelle de vos amis.
Mais moi non plus, enfin, elles se démerdent mes copines !
16. Vous passez 80 % de temps en moins dans la salle de bain.
Bande de dégoulasses, bis.
17. Vous pouvez ouvrir vos bocaux tout seul.
Mais nous aussi, si on bat des cils en disant « Chéri, tu peux m’aider ? », c’est pour les valoriser, tout le monde sait ça.
18. Vos amis ne vous critiquent pas quand vous gagnez ou vous perdez du poids
Madame, j’ai l’impression que tu devrais changer de copines…
19. Les coiffeurs ne vous volent pas.
Ni les garagistes.
20. Vous ne pleurez pas a chaque fois que quelqu'un pleure à la télé.
Hé Madame, c’est pour de faux…
21. Votre cul n'est pas un facteur lors d'un entretien d'embauche.
Mais le mien non plus, bordel, je ne suis embauchée que par des femmes et/ou des homosexuels !
22. Tous vos orgasmes sont réels.
Les miens aussi, faut pas mentir, Madame, c’est pas bien.
23. Vous n'avez pas a porter un sac plein de choses "utiles" partout où vous allez.
Vous préférez les mettre dans vos poches arrière et les perdre dès que vous vous asseyez.
24. Vous pouvez aller aux toilettes sans un groupe de soutien.
Mais moi aussi je vais pisser seule !
25. Vous gardez votre nom de famille.
Une fois de plus, personne n’est obligé de se marier.
26. Quand votre travail est critiqué, vous ne paniquez pas en disant que tout le monde vous déteste secrètement.
Mais moi non plus… 
27. Vous êtes récompensé à la moindre pensée intelligente. Faut dire que c’est à marquer d’une pierre blanche, aussi, quand ça arrive – rho ça va, j’déconne.
28. Vous comprenez l'humour.
Bite-couille-nichon-poils sont dans un bateau, mouahaha !
29. Vous pouvez être douché et prêt en 10 minutes.
Bande de dégoulasses, le retour.
30. Vous pouvez quitter un hôtel avec un lit défait.
Ben c’est le principe d’un hôtel, non ?
31. Vos sous-vêtements coûtent 15 francs le lot de 3.
Et puis ils sont sexe en plus, ceux à 15 francs le lot de 3.
32. Les danseuses.
Toi Madame, t’as jamais vu de danseurs. Ni de techniciens du pestacle.
33. Aucun de vos collègues de travail ne vous fait pleurer.
Les miens ils me font souvent pleurer, mais de rire, ça compte ?
34. Vous n'avez pas a vous pelotonner contre un cul poilu toutes les nuits.
La grande classe, again.
35. Vous pouvez avoir 34 ans et être célibataire sans que personne ne le remarque.
A part les désespérées de l’utérus qui se battent pour vous mettre le grappin dessus, alors que vous vouliez juste tirer un petit coup tranquille.
36. Tout sur votre visage a sa couleur naturelle.
Ca dépend.

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37. Vous pouvez manger du chocolat sans prendre 3 kilos tout de suite. Ca dépasse.

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38. Vous pouvez être président. Quelle chance.
39. Des fleurs arrangent tout.
T’es pas un peu cruche, Madame ?
40. Vous ne vous inquiétez pas à propos des sentiments des autres.
Ca j’avoue…
41. Vous pensez au sexe 90 % du temps où vous êtes éveillé.
Les 10 % restants, vous pensez à la bouffe. Moi aussi je veux être un homme.
42. 3 paires de chaussures sont plus qu'il vous en faut.
Bande de dégoulasses, la vengeance.
43. Vous pouvez dire n'importe quoi sans vous soucier de ce que pensent les gens.
N’importe quoi ! N’importe quoi ! N’importe quoi ! (je suis un homme !)
44. Les boys bands n'existent pas dans votre monde.
Que Britney et Cristina, et elles chantent même pas. C’est toujours ça de pris.
45. Vous n'avez pas à nettoyer votre appartement quand quelqu'un vient.
Bande de dégoulasses, le fils.
46. Les mécanos vous disent la vérité. Une suggestion Madame : quand tu vas dans un garage, emmène un pote. Ca marche bien.

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47. Vous pouvez regarder un match à la télé pendant des heures avec un copain sans même penser. Et toi, tu penses quand tu regardes les Frères Scott ?
48. Vous ne vous demandez jamais si l'autre vous aime.
Vous vous demandez pourquoi.
49. Une seule humeur tout le temps.
Sauf les grands malades que je collectionnais fut un temps, maintenant une seule humeur ça me repose, mais ça me repose…

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 50. Vous pouvez vous asseoir les genoux écartes sans vous préoccuper de ce que vous porter. Et avoir la grande classe, par la même occasion.
51. Même travail. meilleure paye. Ca dépend.
Pas dans la savane (comprenne qui pourra).
52. Les cheveux gris ajoutent du charme.
J’avoue.
53. Robe de mariage : 12 000 francs, location de smoking : 600 francs.
Mais pourquoi cette obsession du mariage, bordil ?
54. Vous n'avez pas à quitter la pièce précipitamment pour réajuster votre tenue.
T’en as d’autres, des manies ridicules, Madame ?
55. Avec 400 millions de spermatozoïdes par éjaculation , vous pourriez doubler la population de la terre en 15 coups, du moins en théorie.
Déjà qu’on est trop nombreux…
56. De la cire chaude ne s'approche jamais de votre peau.
Certains si, j’en connais.
57. Eurosport
Super.
58. La télécommande est à vous rien qu'a vous.
Pour regarder Eurosport ? La classe.
59. Si vous faites de la rétention d'eau c'est dans un jerrican.
Ahahaha, Jay ricane.
60. Vous pouvez passer chez un ami sans être obligé de lui offrir un petit cadeau.
Moi aussi.
61. Vous ne refusez pas du rab de dessert.
Moi non plus !
62. Vous pouvez acheter un préservatif sans que le pharmacien ne vous imagine nu.
Je vais te faire une terrible confidence, Madame : il existe des professionnels de santé homosexuels. Oui, je sais. C’est dur.
63. Vous n'êtes pas obligé de prétendre aller vous "rafraîchir" quand vous allez aux toilettes.
Personnellement je me lève en clamant « bon, je vais pisser », ça fait toujours son petit effet.
64. Vous pouvez toujours avoir le dernier mot en finissant vos phrases par " putain de bordel de merde" lors d'une discussion.
Moi aussi !
65. Vous ne ratez jamais une occasion de baiser car vous n'êtes pas d'humeur.
J’en ai connu…
66. Des nouvelles chaussures ne vous ruinent pas les pieds.
Une bonne paire de rangers sorties de l’usine…
67. Les films pornos sont fait conformément a votre esprit.
Allô, le couvent ? J'veux me faire nonne.
68. Vous n'êtes pas obligé de vous rappelez les anniversaires de tout le monde.
Sauf si vous voulez avoir la paix.
69. Ne pas aimer une personne, ne veut pas dire que vous ne voulez pas coucher avec elle.
Ah, parce que nous si ? Tiens donc.

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02 septembre 2008

Girl power et autres niaiseries.

Comme chacun sait (ou pas, mais c'est l'occasion de l'apprendre), j'aime à entamer une journée de dur labeur par une petite balade sur le ouèbe. Je vais modérer un petit coup ("vos gueules tas de trolls !"), je relève mes mails ("chouette, j'ai droit à 50 % de réduction sur un affreux sac à 8000 euros à partir de 153 892 euros d'achat sur escroc.com"), je réponds à divers correspondants ("Monsieur le diplomate ivoirien, je ne doute pas que votre situation soit terriblement embarrassante, mais sachez que je ne suis qu'une petite saltimbanque de banlieue et que je ne peux par conséquent vous avancer les lingots d'or dont vous avez besoin pour les noces de votre petit dernier"), j'ai une existence virtuelle assez active. Et bien souvent, je vais me promener sur Canalblog, en cliquant au hasard sur des titres qui me semblent prometteurs.

Ce matin donc, comme à l'accoutumée, je musarde un tantinet et tout soudain, v'là-t-y pas que je tombe sur une liste intitulée "96 bonnes raisons d'être une femme". Palsembleu, me dis-je, la gourgandine a piqué ma curiosité, approchons-nous discrètement et voyons si ces 96 raisons ont lieu d'être. On va bien se poiler. Eh ben mes enfants, croyez-moi, je me suis bien poilée, mais au cent cinquantième degré. J'avais rarement lu un tel tas d'inepties. Par charité (non, pas chrétienne, tout le monde sait que je suis une grosse mécréante), je tairai le titre du blog sur lequel j'ai relevé ce tissu de lieux communs. Cependant, comme j'ai bien envie de vous faire marrer, vous, mes trois lecteurs et demi, je vous livre ici la substantifique moelle de cette brillante intervention.

Trois, quatre.

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96 bonnes raisons d'être une femme.

1) On donne la vie ! Et la plupart des hommes sont plutôt contents que ce soit à nous de nous y coller.
2) On a plus de vocabulaire que : "Salut", "Merde", "Fais chier", "Putain", "Qui tu t'es fais ce weekend ?"... Peut-être. Mais moi j’aime bien "Merde", "Fait chier", "Putain ».
3) Pour peu qu on aime le foot, on est la femme parfaite. Ou le rugby, ou le catch, ou la bière, ou faire des turlutes, ne soyons pas sectaires.
4) Il suffit qu on fasse 95/60/85 et tous les mecs sont a nos pieds. Sauf si on a une pauv’tête pour aller avec, eh oui.

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5) Quand on veut un boulot, il nous suffit de mettre une mini jupe, des talons aiguille et un décolleté pigeonnant. Un boulot sous-payé de conne de service, ça oui, aucun problème.
6) Personne ne se fout de nous lorsqu'on chiale au cinéma. Ah bon ?

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7) On a les bras de son chéri pour se réchauffer. Sauf quand il est scotché devant son PC/la télé/sa DS/une entrecôte (rayer la mention inutile)
8) La panne fatale ? ... Connais pas ! Par contre, se forcer pour faire plaisir parce que Monsieur a « des besoins »… (bouh, la vilaine expression que voilà)
9) Quand on a pas envie, il suffit de prétendre être indisposée. Ah bon ?

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10) On est pas obligée de mentir en disant s'être fait le mec avec qui on était hier soir. On préfère rougir comme des cruches avec un sourire niais et mentir en disant qu’il ne s’est rien passé. Ben oui, on va pas non plus passer pour des cochonnes qui couchent dès le premier soir, pas comme Bidulette.

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11) On a pas besoin de s’entraîner avant la première fois! Sauf si on veut y prendre du plaisir, bien entendu.
12) Notre culture cinématographique ne se limite pas a Rocco, Schwarzie et Pamela. Mais plutôt à Brad, George et Jenifer (mais si, l’ex de Brad), c’est tellement plus culturel.
13) On est pas obligée de se saouler et de se shooter la gueule dans une soirée entre potes. Ah ben non, c’est tellement plus intéressant de boire de l’eau chaude avec des feuilles qui flottent dedans, puis de manger une bonne salade entre greluches.

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14) On a pas besoin de réfléchir pendant trois heures au problème 1+1= ? Parce que pour nous c’est beaucoup plus simple, 1+1=1, une entité bicéphale dont les deux têtes voient les mêmes personnes, font les mêmes activités, partagent absolument tout… l’angoisse.
15) On sait apprécier la poésie.
Ben quoi, certains morceaux de Slayer peuvent être traduits en alexandrins.
16) Quand un rendez-vous est lourd, on va aux toilettes et on s'éclipse par la porte de service. Et puis on le recroise accidentellement 3 semaines plus tard et il nous traite de pute, ou de salope. Ce qu’il aurait fait aussi si on était restée.
17) On peut changer de nom quand on se marie. C’est-à-dire qu’on n’a pas le choix. Et on peut même changer de prénom. Madame Jean-Pierre Blüschtrück, la grande classe.
18) On se fait porter nos sacs et nos valises. Ca, j’avoue…
19) On comprend l'humour, le vrai ! Rikiki et Patapon sont dans un bateau ? Hilarant !
20) Nos toilettes sont toujours propres et ne puent pas la pisse ! Il y a juste des tampons usagés qui atterrissent par terre en ratant ballottement la poubelle et des effluves de désodorisants cancérigènes.
21) Notre appartement n'est pas constamment en bordel. Hum. Pas constamment.
22) Si on ne veut pas sortir, on peut toujours prétendre avoir ses cheveux à laver. Et ça marche ? Avec qui tu sors, Madame ?

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23) La robe de mariée se remarque plus que le smoking (qui est commun), et en plus, elle est plus élégante. C’est pour ça que tout le monde dit « la mariée, elle est beeelle » plutôt que « la mariée, elle est drôle/intelligente/généreuse/cultivée/gentille/douce/dynamique/originale » (rayer la mention inutile).
24) La plupart des cadeaux de mariage sont destinés à la mariée. La vaisselle, le fer à repasser, les casseroles, le sèche-linge, l’aspirateur turbo dernier cri… que des cadeaux qui font plaisir en plus.
25) On a toujours un cadeau a chaque occasion (justifiée ou non) : anniversaire, fête, Noël, juste comme ça,... (roses, bijoux,...) Parce qu’on casse les couilles des mecs avec les fameuses « petites attentions ». Personnellement, un bon câlin me suffit. (bon, soyons honnêtes, le jour où il oublie mon anniv, je retouche son armure au chalumeau)
26) On a du choix dans les sous-vêtements. String ou culotte ? Shorty ou porte-jarretelles ? Peu importe, de toute façon la plupart des hommes ne les regardent pas avant de nous les arracher sauvagement (mais c’est de la soie, bordel, Chantal Hommasse, tu sais combien ça coûte ?)

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27) Les Chippendales ! Pouark.
28) On a pas à se raser tous les jours. On préfère s’arracher tous les poils du corps avec de la cire chaude.
29) Pas de point sensible comme les couilles. Juste les pieds, les genoux, le ventre, les aisselles, le dos, les nibards… (qui m’a traitée de chochotte ?)
30) On n'est pas célibataire à 35 ans. On est une vieille fille mal baisée.
31) Tout le monde ne se moque pas de nous, même si on est pas développée de partout. Toutes les femmes adultes qui font du 80A vous le confirmeront.
32) On peut corriger les imperfections et les camoufler avec du maquillage. En plus, ça fait toujours plaisir aux hommes quand on les leur dévoile. « Surpriiise ! »

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33) On nous admire quand on fait de la politique. Ou on nous traite de connes (ou de salopes) si on est jolies et bien fringuées, ou de vieilles filles mal baisées si on est moches et mal sapées, et puis nous mettre à des postes de responsabilité, faut pas déconner, quand même.
34) On éprouve des sentiments !
Surtout pour le gros connard qui nous jette comme des vieilles merdes. Par contre, le gentil timide qui se plie en quatre pour nous faire plaisir, ça va pas non, cette couille molle ?
35) On pense, nous ! Hum. J’en connais dont c’est pas la caractéristique principale. Je ne donnerai pas de noms. N’insistez pas, c’est vulgaire.

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36) On a la peau douce. Grâce à la propagande des Parabènes et Phénoxyéthanols Associés. Un cancer à 50 piges ?  Tant pis, tant que je peux faire mon gommage bihebdomadaire, merci les industriels du pétrole !
37) On est pas obligée d'avaler un poulet entier pour se caller. Au moins, on ne passe pas pour une goinfre ! De toute façon ça ne rentrerait pas dans notre estomac tout atrophié, merci les toutes petites salades, merci les magazines de mode, merci les mannequins sous-alimentés de 15 ans et demi !
38) On connaît les bonnes manières. Je suis bien obligée d’avouer que je n’ai jamais vu de femme péter à table.
39) On utilise la politesse. On a les bases, voir réponse précédente.

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40) On ne s'extasie pas devant la longueur de celle de Rocco... C’est parce qu’on ne l’a jamais vue (du moins, c’est ce qu’on prétend).
41) On se fait payer nos fringues par son chéri. T’as pas de travail, Madame ?
42) Nos bosses sont agréables et non gênantes ! T’es une baleine, Madame ? Ou t’es la sœur de Quasimodo ?
43) On est sexy....Plus que les mecs en tous cas ! Eh oui, c’est ce qu’on attend de nous, on n’est pas censées être drôles/spirituelles/intelligentes/cultivées/agréables (rayer la mention inutile), on doit juste être sexy. Donner envie de faire de la sexualité avec nous. Trop classe, heureusement que nos mères ont brûlé leurs soutifs en mai 68.

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44) Qui regarde Monsieur Univers a la télé ? Alors que tout le monde connaît Miss France. Et puis tout le monde la respecte, en plus.
45) On ne sent pas le bouc à longueur de journée. On est juste censées puer de la foufoune, heureusement qu’il y a les protège-slips parfumés au cancer.
46) On n'a pas besoin de courir en urgence pour acheter des capotes au dernier moment. Souvent, les hommes n’en éprouvent pas le besoin non plus. Sauf bien sûr si on utilise la phrase magique « je ne prends pas la pilule ». Car l’homme a plus peur du bébé que du SIDA. Si-si, essaie, tu m’en donneras des nouvelles.

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47) On n'en fait pas un drame si on est nulle en sport... Au contraire ! On préfère se lamenter parce qu’on a pris 500 grammes. Faire des abdos ? Ah non, c’est trop dur.
48) On a plus de zones érogènes. Encore faudrait-il que les hommes le sachent. (oui, bon, j’exagère un peu, c’est mon blog, je dis ce que je veux)
49) On ressemble moins au yéti...Côté poil bien sur! Toi Madame je sais pas, moi un homme sans poils ça m’inquièterait un peu (« quel âge t’as dit que t’avais, déjà ? »)
50) C'est pas parce qu'on prend notre meilleure amie dans nos bras que tout le monde dit qu'on est homosexuelle. Mais c’est pour ça que les hommes aiment bien imaginer qu’on est bi.
51) On a pas a jouer les gros bras devant la personne qui nous intéresse. Non, on a juste à jouer les gravures de mode. Attrayant, non ?

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52) De toute façon, c'est si on veut, quand on veut, ou on veut et avec qui on veut, un point c'est tout ! Va dire ça aux victimes de viols, Madame.
53) On sait au moins se débrouiller seule et on n'a pas besoin que quelqu'un lave et plie nos petites culottes et fasse notre lit.
T’as qu’à avoir une couette, Madame, mon yéti il se débrouille bien avec.
54) On peut se permettre d'arriver en retard a un rendez vous. Et si en plus on peut arriver en faisant un gros caprice, c’est mieux, ça permet d’alimenter tous les lieux communs de la Terre.
55) On est plus mature que les mecs de notre âge. Surtout celles d’entre nous qui se font encore des couettes et aiment encore Hello Kitty passé 12 ans (je sens que je vais me faire des copines là).
56) On est romantique. Ou niaises.
57) On respecte les autres parce qu'on ne les prend pas pour des objets. Sauf les « meilleurs copains », un peu moches, un peu coincés, qu’on prend pour des ours en peluche parce qu’on ne s’imagine même pas qu’ils puissent avoir des pulsions (alors que beaucoup rêvent de nous faire de la sexualité, ces petits traîtres).
58) Quand on est amoureuse, on ne va pas chercher ailleurs parce qu'on est fidèle a celui qu'on aime. Merci la propagande judéo-chrétienne !
59) On a d'autres critères de jugement que la longueur de la bite d'un mec, que, d'ailleurs, on ne voit pas forcement !
De toute façon tout le monde sait que c’est pas la longueur qui compte, mais le diamètre.
60) On n'a pas systématiquement envie de se faire le premier venu. Pas systématiquement. Parfois, on préfère le deuxième.
61) Quand on va dans un bar, ce n'est pas forcement pour se saouler la gueule. Pas forcément. Des fois, on est juste pompette. « Ouhlàlà, un kir goyave, chuis pompette ! »
62) Quand on va voir un film, ce n'est pas pour voir les airbags de Sophie ou Pamela, mais bien pour voir le film. De préférence une comédie romantique bien sirupeuse, avec des gens qui pleurent et qui font juste des bisous, jamais de sexualité. C’est trop sale, biii.

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63) C'est plus facile d'avoir des copains sur le net. En plus, on ne se vante pas d'en avoir des gros ou d'être une bombe sexuelle! Dis, Madame, tu vas souvent sur le net ? Et les gens se vantent vraiment d’avoir des gros copains ? Ils sont bizarres les gens…
64) On peut rêver au Prince Charmant
C’est d’ailleurs tout ce qu’on peut en faire. Le Prince Charmant est gay, tout le monde sait ça.
65) On adore provoquer les mecs....S'amuser un peu quoi ! Et se faire traiter d’allumeuses. C’est trop cool ton jeu Madame.
66) Quand on chatouille un mec, il ne nous frappe pas. En plus, tout le monde ne dit pas qu'on se touche. Il ne nous frappe pas, il a la gaule. Enfin, si on est à peu près baisable. Si on est moche, il prend un air mi-dégoût mi-commisération, et il part dire un truc désopilant à ses copains.

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67) On ne se frappe pas à chaque fois qu'on se dispute. On est plus civilisée que ça... On préfère faire semblant de se réconcilier, puis dire du mal des gens dans leur dos.
68) Quand on joue a la console, on ne meurt pas tout le temps parce qu'on a pas le regard constamment rive sur le cul ou les seins de Miss Lara Croft. Personnellement, je meurs tout le temps. Parce que je suis très mauvaise à ce genre de jeux.

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69) Au moins, quand on aime une chanteuse, c'est pour ses chansons et pas pour ses formes. Si Carla Bruni avait des formes, ça se saurait. Si c’était une chanteuse aussi, d’ailleurs.
70) On vous ferait faire n'importe quoi...en gros, on vous mène par le bout du nez! Ah ? Moi j’aurais dit par le bout de… bon, non, rien. Et puis dis, Madame, tu crois vraiment que les hommes ont besoin de nous pour faire n’importe quoi ?
71) Nos techniques de dragues sont plus subtiles que les vôtres. C’est-à-dire qu’on n’est pas censées draguer, nous.

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72) On n'a pas à acheter des roses a notre mec, c'est lui qui nous les offre. Dis, Madame, on t’a dit qu’on était en 2008 ?
73) On ne se vante pas tout le temps d'être intelligente, parce que, contrairement aux mecs, on l'est ! J’entends rarement les hommes se vanter d’être intelligents, en même temps.
74) Au moins, on a de la mémoire, on oublie pas l'anniversaire de Chéri... On se souvient même du 8 octobre 2006 à 19 h 47 où, après de longues heures de harcèlement moral, il a fini par lâcher du bout des lèvres « un enfant, peut-être, mais plus tard », et on lui ressort à toutes les sauces à la moindre occasion.
75) Nous on aime la musique et la vraie. C’est quoi la fausse musique Madame ?
76) On n'est pas obligée d'être galante. Euh… si les hommes étaient obligés, ça se saurait.
77) On n'a pas de complexes d'infériorité par rapport la moyenne nationale, normal, on n'en a pas !! ( de moyenne bien sur...qu'est ce que vous allez imaginer ?) Mais on psychote si on rentre plus dans un 38, même si le 38 de chez Jenypouffe correspond à un 32 chez les Trois Cuistres.
78) On n'a pas besoin de se branler tous les soirs au dessus du lavabo, avant d'aller au pieu.
Dis Madame, tu fais jamais de sexualité avec ton chéri ?
79) Quand on passe a l'acte, les mecs ne peuvent pas avoir de mauvaise surprise, alors que nous, si. Même pas quand tu enlèves ton Wondertruc rembourré, ta culotte remonte-fesses et quand tu passes ton temps à lui dire « ah non, pas ici, pas comme ça, pour qui tu me prends, enlève tes doigts ? » dès qu’il te chatouille l’avant-bras ?

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80) Nous ne sommes pas gênées par l'éjaculation précoce. Euh… moi perso ça m’embêterait un peu, je crois.
81) C'est mieux d'être gouine que PD car ça fait moins mal ! Vraiment, ces pédés, quelle bande de masochistes. Mais j’y pense, j’aime les hommes… Ciel, je suis pédé !
82) NOUS, on est responsable! Merci la propagande judéo-chrétienne, bis.
83) On a pas de défoncement de slip quand on est attirée vers quelqu'un. T’as vraiment la grande classe, Madame.
84) On peut changer d'apparence grâce à différentes coiffures. Ouais, m’enfin en-dessous, t’as toujours la même tête, hein.
85) La garde robe! Pour pouvoir dire tous les matins « pfff, j’ai rien à me mettre » et que Chéri nous réponde un truc du genre « moi j’ai bien une idée de quelque chose à te mettre, mais tu vas râler », c’est vrai que c’est rigolo.
86) On n'a pas besoin de traiter les autres comme des sous-merdes pour se sentir supérieure. Moi je me sens pas supérieure, Madame, c’est quoi ton problème ?
87) Si on est jolie, on aime se faire siffler par les mecs. Ah ? Je dois être un tromblon, alors, parce que moi j’aime pas ça.
88) On se fait toujours inviter. Attention Madame, le monsieur qui t’invite, si tu le laisses faire il comprendra pas que tu veuilles pas faire de sexualité avec lui… méfiance !
89) On sait mentir et/ou jouer la comédie pour se justifier. Ah ben ça c’est cool. Soyons fières de savoir mentir.
90) On est franche avec son mec, on ne dit pas "Je t'aime" a la première occasion, ou pour coucher avec son copain. Et une fois que c’est dit, on exige toutes sortes de choses. Ben quoi, il a notre amour, merde, qu’est-ce qu’il pourrait vouloir de plus ?
91) Qui c'est qui vous fait bander? En règle générale, les femmes qui se finissent par .jpg. Et même parfois, d’autres hommes. Les traîtres.
92) On ne se réveille pas avec la gueule de bois tous les dimanches matins. Et c’est là que c’est chiant d’être une femme.
93) On n'a pas a supporter les railleries de femme enceinte, c'est nous qui râlons. Là j’ai pas tout compris.
94) Le nombre de magasins de fringues féminines est beaucoup plus élevé que ceux de fringues pour homme. Ca tombe bien vu qu’ils s’en foutent, de s’habiller.
95) C'est nous qui dépensons votre salaire. T’as pas de travail, Madame ? bis.
96) Entre le serveur et la serveuse, c'est la serveuse qui a le pourboire. Et la main au cul. Moi aussi je veux devenir serveuse.

 

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28 juillet 2008

Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

    Ainsi que l'écrivait fort justement ce petit malandrin de François Villon (oui, malandrin, n'ayons pas peur des mots, l'escogriffe me doit encore deux sols et il se terre dans les Dieux seuls savent quel trou)... Tant crie-l'on Noël qu'il vient. Et, par la barbe de Saint Théodule, me voilà bien obligée d'en convenir.

    Au passage, cher lecteur, tu serais bien inspiré de lire cet excellent ouvrage, que je viens de clore et dont la lecture m'a positivement épastrouillée (si, épastrouillée, c'est français, et pis j'm'en fous d'abord, c'est mon blog, je dis ce que je veux, et si ça te plaît pas t'as qu'à te tailler le gambison en pointe, ça t'occupera).

francois_villon

    A la lecture dudit incunable, l'on réalise qu'outre l'immense poète dont tout un chacun se souvient (mais si enfin, frères humains, tout ça ? Non ? Inculte.), le dénommé Villon était aussi probablement un bel enfoiré, mais un enfoiré assez flamboyant, et si l'on aime les récits d'aventures échevelées, l'on risque fort de kiffer sa race. Attention toutefois, certains passages sont assez durs (torture, violence, cannibalisme et j'en passe), je déconseillerai donc aux âmes sensibles et autres poitrinaires.

    Ce long préambule, donc, pour vous annoncer ce qui suit : "tant crie-l'on Noël qu'il vient." On pourra l'interpréter comme le précédent avatar de "tout vient à point à qui sait attendre", mais ça, c'est du Sieur de la Fontaine, et pour moi, tout ce qui s'est passé après 1492, ça reste de la science-fiction, et la science-fiction j'ai toujours trouvé ça limite chiant. Personnellement, je préfère le comprendre comme "si l'on veut très fort quelque chose, on finit par l'obtenir". Eh ben moi, j'ai voulu très fort devenir saltimbanque, euh, intermittente du pestacle.

    Eh ben voilà, c'est fait. J'en ai bavé des ronds de chapeaux, mais c'est fait. J'ai mon statut, et pour l'instant, j'arrive à le conserver. Je ne me destinais absolument pas à ça pourtant, j'ai fait comme tout le monde des études universitaires qui ne me passionnaient pas plus que ça (bon, j'en retire quand même le bénéfice de savoir tenir la même conversation dans la langue de Shakespeare et dans celle de Goethe, et de bafouiller trois-quatre trucs sur le temps qu'il fait dans celle de Tolstoï... c'est toujours ça !), agrémentée de petits boulots aussi variés qu'incongrus : cours particuliers, leçons de lecture à domicile pour une pitite handicapée, standardiste de radio... oui, j'ai même été une des voix qui vous répondaient "ReuTeuLeu bonjour ?" quand vous téléphoniez à Jean-Jacques Bourdin pour vous plaindre de la hausse du prix du gaz, non Georgette 78 ans d'Argenteuil ("non mais vraiment, y a trop d'immigrés en France, vous ne trouvez pas ?" "Gloups. Euh, non... on vous rappellera si votre témoignage est retenu Madame."), non Roger, 43 ans de Vincennes ("Ah, vous avez la solution pour résoudre la crise pétrolière mondiale ? Très intéressant, je vous écoute, Monsieur."), je ne vous ai pas oubliés. Une petite pensée émue d'ailleurs pour la gentille mamie qui nous appelait de temps en temps le lundi matin pour nous raconter le thé dansant du dimanche après-midi, et qui, quand on lui expliquait le plus diplomatiquement possible que ça n'avait pas vraiment de rapport avec l'actualité du jour et qu'elle n'avait que peu de chances d'intervenir à l'antenne, nous répondait "oh mais c'est pas grave, j'avais juste envie de bavarder un peu, vous êtes tellement gentilles à Luxembourg, on est toujours si bien reçu. Allez, bonne journée, hein, à lundi prochain !"

Bref.

    Tout ça pour dire qu'un beau jour de l'an de grâce 2001, j'ai abandonné ma Maîtrise (politiques culturelles comparées d'une commune française et de sa jumelle allemande, wunderschön) pour travailler à temps plein à l'accueil d'un théâtre. Et là, révélation : ma place, c'est derrière le rideau. Le bureau de l'entrée la journée, c'est sympa, mais les coulisses le soir... c'est là qu'il faut que j'aille ! Seul problème : je n'ai aucune compétence technique. Qu'à cela ne tienne, j'ai trouvé une formation d'habilleuse. Je ne savais pas coudre un bouton, faire un ourlet relevait pour moi de la haute-couture, ben j'y suis allée quand même.

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    Tout le long de ma formation, et même après, toutes sortes de fâcheux n'ont eu de cesse de tenter de me décourager. "Mais malheureuse jouvencelle, le spectacle vivant c'est plus ce que c'était, c'est la crise, tu vas être au chômage tout le temps, t'arriveras jamais à faire tes heures, tu te rends pas compte, c'est précaire, c'est aléatoire, et comment tu feras pour avoir une vie de famille et blablabli et blablabla..." Toutes péroraisons grandement infondées qui s'apparentèrent pour moi à un pet de lapin le soir au fond des bois de Domrémy, autant vous dire que je n'ai pas tout bien ouï.

     Et maintenant, ça y est, pour l'instant j'arrive à vivre de ma passion, j'en vis d'ailleurs plutôt bien cette année. Et je suis épanouie dans mon travail, ce que ne sont probablement pas moult receveurs des postes et autres agents du guet. Alors les fâcheux, allez donc vous faire voir chez les Ottomans, voire rôtir dessus-dessous sur le barbecue de Lucifer. Nom d'une ribaude à trois pattes.

Posté par Sorcika à 12:24 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juillet 2008

Tragique méprise.

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- Mais quel est le cuistre qui a confondu l'hypocras et l'huile de foie de morue ?
- Beuh...

Sacrée Ermengarde, elle n'en fera jamais d'autres.

Posté par Sorcika à 15:45 - Rigoleries. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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